Ma femme, mes deux enfants et moi sommes partis au Cameroun du 26 juillet au 16 août, plus exactement à Douala, sa capitale économique, située dans la région du Littoral, département du Wouri (prononcer "Vouri"). Depuis huit ans que nous sommes mariés nous n'y sommes encore jamais allés et donc mes enfants et moi n'avions pas encore vu notre belle famille. C'est que ça coûte très cher, un tel voyage. Rien que l'avion : 4200€. Parce qu'on n'a pas réservé à la dernière minute, sinon c'est le double. Le tarif enfant n'est que 200€ inférieur au tarif adulte.
Nous étions logés dans une maison en location à Bonamoussadi, lieu-dit d'Akwa Nord qui est comme un arrondissement de Douala. Bonamoussadi est au Nord-Est de la ville. Les points positifs du séjour sont ma belle-famille et notre sortie à Kribi. La famille, très gentille. Très bon contacts et rien que pour cela je ne regrette pas le voyage. Pour le reste le bilan est plutôt négatif :
Un tel voyage ne s'improvise pas. Il faut penser à acheter les bagages qui ont la bonne taille par rapport aux exigences d'air France.
Penser à poser les jours de congés nécessaires auprès des employeurs.
Il faut bien-sûr réserver les billets d'avion. Le site Internet d'Air-France est bien fait. Mieux vaut ne pas attendre le dernier moment sinon les prix montent... déjà que c'est cher...
Il faut avoir des passeports en cours de validité, ce qui n'était pas notre cas. On s'y est pris deux mois avant, on aurait dû s'y prendre plus tôt. Notre mairie, qui a ce qu'il faut pour les passeports biométriques, nous demande un délai de 3 mois. Impossible. On demande dans d'autres mairies et l'une d'elle accepte. La présence de tous les membres demandant le passeport est obligatoire, que ce soit pour faire la demande ou pour les retirer. Compter environ 90€ par adulte.
Pour se rendre au Cameroun il faut un visa valable 3 mois. Imprimer en couleur le formulaire (une unique page) depuis le site de l'ambassade du Cameroun. Attention, d'autres sites proposent aussi ce service mais sous-traitent. Mieux vaut passer directement par l'ambassade. Ne pas attendre le dernier moment : au maximum 2 semaines avant le départ, sinon c'est plus cher... Compter environ 100€ par adulte. Attention : il faut se rendre sur place et c'est ouvert uniquement du lundi au vendredi aux heures creuses, du genre 10h-12h et 14h-16h30.
Il faut penser aux vaccinations. Celui contre la fièvre jaune est obligatoire. Il ne peut pas être injecté par un médecin généraliste, il faut aller soit à l'hôpital, soit dans un centre de vaccination (à Paris : centre Pasteur ou centre Air France).
On a fait ces démarches le mois du départ. Mauvaise idée. C'est sans rendez-vous, j'ai attendu 4 heures au centre Pasteur. Un samedi car je ne pouvais pas être en congé durant ce temps, mon collègue étant en vacances.
Nous avons pris tous les quatre les vaccins contre la fièvre jaune et l'hépatite A. Ces vaccins ne sont pas remboursés par la sécu. Faut compter environ 70€ par personne. D'autres vaccins existent, pour la rage et la fièvre typhoïde par exemple, mais si on respecte les règles d'hygiène, si on ne touche pas aux animaux, pas de risque particulier. On n'était pas dans la savane, mais en ville. De plus le vaccin contre la typhoïde n'est efficace qu'à 60%.
Règles d'hygiène : se laver souvent les mains, ne pas ramasser ce qui est par terre, ne pas boire de l'eau du robinet, seulement de l'eau de source en bouteille (2000F le paquet de 6), ne pas consommer de crudité ni de glace, uniquement des aliments cuits. (On a fait exception pour la papaye et les ananas).
Il faut aussi se protéger contre le paludisme en utilisant une moustiquaire imprégnée (50€ pour un lit à deux places), des répulsifs quand on sort (6€ pièce) et des comprimés à prendre tous les jours.
Il en existe plusieurs, mais il faut toujours passer par son médecin traitant car ils sont disponibles seulement sur ordonnance. Ils ne sont pas remboursés par la sécu et coûtent très cher. Comme les prix sont libres, il vaut mieux bien cherche sur Internet les pharmacies qui les vendent moins cher. En accord avec notre médecin nous avons opté pour la Malarone, à prendre une fois par jour depuis la veille du départ jusqu'à une semaine après le retour. Le prix d'une boîte de 12 comprimés pour adulte est par défaut 45€. Pour un enfant c'est 15€. Ma fille de 6 ans en prend 2 par jour et mon fils de 3 ans, un seul. Durée du traitement : 1 jour + 3 semaines de séjour + 1 semaine = 29 jours. Il faut donc acheter 5 boîtes pour adultes, soit 60 comprimés pour deux adultes, et 8 boîtes pour enfants (3 comprimés par jour pendant 29 jours).
Si on les achète dans la première pharmacie venue, le coût est donc de 5*45 + 8*15 = 345€...
Je les ai achetées à la pharmacie qui est juste à côté de la gare de Roissy-en-Brie (RER E). Le prix était de 31€ la boîte d'adulte. Pour les enfants je ne sais plus : 9 ou 12€, soit une bonne centaine d'euros de moins. Ca vaut le coup de chercher.
On part pour trois semaines. Partir une semaine seulement, vu le prix de l'avion, ce serait dommage. Départ prévu vers 13h30, arrivée prévue vers 19h30 heure locale, soit 7 heures de voyage.
Pour les trajets directs on a le choix entre Air France et Air France. On a opté pour Air France, les prix sont identiques... En passant par la Belgique, la Suisse ou la Maroc ç'aurait été moins cher (environ 700€ par personne) mais on aurait mis 24 heures et avec des enfants en bas âge, ce n'est pas terrible. Autrement dit faire un Paris-Bruxelles (avion) puis un Bruxelles-Douala avec escale à Paris est moins cher qu'un Paris-Douala... Faut surtout renoncer à comprendre. C'est comme à une époque où la SNCF vendait les billets Paris-Modane plus chers que Paris-Turin alors même que pour aller à Turin le train passe et s'arrête à Modane... Bref...
Avec Air France, quand on va à Douala, on a le droit à deux bagages de 23kg en soute par personne plus un bagage à main de 12kg.
Attention pour d'autres destinations on est limité à un seul bagage en soute de 23kg.
On part donc avec 4x(23x2 + 12) = 232kg de bagages, et deux voitures : des amis sont venus nous aider.
Arrivé à Roissy, on trouve une balance pour vérifier que les bagages ne dépassent pas la dose prescrite.
On l'a fait avec un pèse personne avant le départ mais la précision est insuffisante.
Un seul kilo en trop et on paie 100€ de plus (tarif forfaitaire pour les bagages de 24 à 32kg).
Et là, ouille, ça déborde de partout. Alors faut transvaser, renoncer à certains bagages qui repartiront à la maison.
On n'est pas les seuls pour la pesée alors ça prend un certain temps. Heureusement qu'on est arrivé très tôt.
On triche un peu : on enfile plusieurs couches de vêtement, ma fille porte deux chapeaux, et je bourre mon sac à dos (en plus du bagage à main).
On passe ensuite à l'enregistrement des bagages mais un troupeau de policiers inondent la place : alerte au colis suspect.
Tout le monde doit respecter un périmètre de sécurité.
Déjà que le terminal contient beaucoup de monde, alors avec les chariots à bagages et les enfants, ça complique.
Une fois l'alerte passée, on fait la queue pour l'enregistrement des bagages.
On a quelques kilos de trop mais on espère que la balance servant pour l'enregistrement aura un réglage différent...
C'est à notre tour. Et là, madame Air France nous signale qu'il y a un problème.
Elle n'en sait pas encore davantage mais l'enregistrement ne peut pas se faire tout de suite.
Dommage car les effets secondaires de la Malarone se déclenchent : état de faiblesse et diarrhée...
Comme le problème semble durée j'ai le temps de m'absenter pour résoudre mon problème de mécanique des fluides.
De retour, j'apprends que l'avion qu'on devait prendre ne peut pas décoller, problème technique. Il faut changer d'appareil, 6 heures de retard à prévoir... Je lui pose la question du repas du midi, elle me donne des tickets mais quelques minutes après monsieur Air France qui arrive nous dit "pas de tickets". Faut aller en salle d'embarcation où on nous remettra des sandwichs. Je les garde quand même. Tout ça sent l'improvisation.
Quand enfin l'enregistrement est de nouveau fonctionnel, le poids des bagages est en effet trop important mais la dame nous autorise gratuitement à dépasser un peu la limite ce qui fait qu'on retire juste un peu de nourriture (elle coûte cher là-bas). Sans doute en raison du retard, Air France s'est montrée plus conciliante.
Bon, une bonne chose de faite. Le second ami qui est venu nous conduire peut repartir, mais la note du parking est salée, en raison du temps passé lors du colis suspect et de l'enregistrement des bagages.
Direction la salle d'embarquement. Nous ne sommes plus accompagnés mais n'avons que les bagages à main et les enfants. Nous devons d'abord faire contrôler les bagages à main qui passent sur un tapis roulant et inspectés aux rayons X je pense. Dans une corbeille on met bijoux, ceintures, montres, chaussures si elles contiennent des parties métalliques, et appareils électroniques. Tout le monde passe sans problème sauf moi : biiiip ! On me fouille, on ne trouve rien. Pour cause, je n'ai rien !
Arrivé à destination, on se dit qu'on va enfin pouvoir manger mais une autre madame Air France arrive vers nous, nous demande si on va à Douala, et nous informe que le terminal a changé. Ce n'est plus le 2C mais le 2E. Faut prendre une navette qui y va.
Comme on a le temps avec ces six heures de retard, on passe outre : on a faim et on est fatigué. Et puis les navettes vont être bondées avec tout ce monde. Mais pour avoir les sandwichs annoncés, faut bouger maintenant. Grrr !
Je prends le risque de prendre les tickets qu'on m'a remis et va dans une sandwicherie. Tickets acceptés. Par personne :1 sandwich club, un dessert et une boisson.
Tiens, curieux, quelque chose de bizarre quand je marche. Un coup d'oeil à ma chaussure gauche : elle est complètement décousue et décollée !
Je suis pourtant sûr qu'elles étaient correctes lors du départ de la maison. Depuis elles ont du se détériorer petit à petit. Maintenant on voit le bout des chaussettes et mon pied peut même sortir de la chaussure, vers la gauche ou vers la droite... Du coup je ne peux plus marcher que très doucement comme un infirme. Je n'invente rien !
Heureusement que je ne porte pas de perruque (j'ai le caillou plutôt dépeuplé) car j'aurais sans doute dû en empiler deux ou trois sur la tête, et avec les couches de vêtements que j'avais sur moi, la transpiration à grosses gouttes, l'état de mes chaussures et le regard fuyant, je me serais peut-être fait arrêter...
Une autre personne arrive et nous redonne l'info sur le changement de terminal et nous prévient qu'il va y avoir moins de navettes si on tarde. On finit tranquillement notre repas et on prend les comprimés de Malarone en espérant ne pas être malades dans l'avion.
On part pour le terminal 2E. La signalisation est bien faite. On monte dans un bus, un gardien garde l'accès : passage réservé aux transit. Le bus circule à sens unique et comme il vient juste de quitter ce 2E, il faut faire presque tout le tour. Mais on a le temps. Après le bus il a fallu prendre une sorte de mini train, mais c'était rapide. Le terminal 2E est grand et selon la porte d'embarquement il faut parfois prendre ce train. Une fois arrivé, je ne sais pas comment on a fait, mais on s'est retrouvé "de l'autre côté", à savoir qu'il a fallu repasser les bagages aux rayons X, retirer de nouveau ceintures et autres accessoires, puis les remettre. Pour moi, ça sonne de nouveau, deuxième fouille. Toujours rien de trouvé. Pour cause.
Ouf ! On finit par arriver à la porte d'embarcation. On nous donne enfin nos billets d'embarquement et on attend. Je tente de trouver un magasin de chaussures mais rien, que des boutiques de produits de luxe détaxés. On passe quelques coups de téléphone pour prévenir du retard, puis l'embarquement commence, avec heureusement priorité aux familles avec enfants.
Comme l'avion prévu n'est pas le même, les places qu'on nous attribue ne sont pas celles que j'avais demandées lors de la réservation et nous voilà divisés en deux. Après quelques tractations de changements de places, l'affaire est résolue. Nous partons finalement vers 19h.
Le voyage s'est bien passé, mais les enfants étaient épuisés et se sont endormis avant que le repas n'arrive.
Dès la sortie de l'avion, vers 1h du matin de mémoire, c'est la transpiration qui commence. La famille est là pour nous accueillir. Pas facile pour elle non plus d'attendre comme ça à cette heure-ci. Formalités administratives : vérifications des passeports, visas et vaccinations : le vaccin contre la fièvre jaune est obligatoire. Le problème c'est la douane. Je n'ai plus l'énergie pour tout écouter, surtout que mon épouse et ma belle-famille parlent en langue, mais il semble qu'on nous demande trop à la douane. Faudrait ouvrir tous les bagages mais ils sont fermés par cadenas pour éviter les vols. Mais où sont les cadenas? Pas la force d'y réfléchir. Quelqu'un arrive avec un simple stylo bille et fait sauter les fermetures, ce qui a pour effet de les abimer.
Le temps passe. Les négociations commencent et j'ai vu une douanière mettre un billet dans la poche, le sourire aux lèvres... Première corruption.
On sort de l'aéroport. Deux taxis sont prévus. De nouveaux j'entends parler en douala. Disons plutôt crier. Et ça dure. Il y a sans doute un problème avec les taxis, mais je ne comprends pas et ne cherche d'ailleurs pas à comprendre. Les enfants sont assis sur les sacs, la batterie à zéro.
Ensuite un type nous aide à mettre les bagages dans les taxis sans qu'on le lui demande et réclame un billet.
Enfin les taxis démarrent. Pas d'embouteillages, on roule vite et arrive à destination vers 2h. Le temps de dire bonjour à ma belle-mère que je vois pour la première fois, et dodo.
Le climat à Douala est de type équatorial (la latitude de Douala est 4°). Le Soleil se lève et se couche à peu près aux mêmes moments toute l'année : 6h10 - 18h20 heure locale. Douala est à l'heure d'hiver Française toute l'année, autrement dit en juillet quand il est 18h à Douala, il est 19h à Paris.
De juillet à septembre c'est la saison pluvieuse. La température est quasi constante : elle varie de 24° la nuit à 27° le jour. Le ciel est couvert en permanence (entre 95% et 100%). Les mois les plus chauds sont février et mars : 40°C. Bien que douala soit près de l'océan, il y fait plus chaud qu'à Yaoundé, située à 700m d'altitude.
J'ai vu furtivement trois fois le Soleil durant le séjour. Côté pluie il tombe en août ce qu'il tombe à Paris en deux ans : 1 200 mm. On pourrait donc croire qu'il n'arrête pas de pleuvoir, c'est d'ailleurs ce que disent les Camerounais avec qui j'ai parlé. Mais attention aux interprétations : quand j'entends dire "il pleut", soit ça veut dire qu'il pleut en effet, sot qu'il bruine, voire même tombe deux gouttes seulement, soit que le ciel est seulement menaçant, autrement dit "il pleut" = "il risque de pleuvoir"... Dans ces conditions, en effet, il pleut sans arrêt. La couverture nuageuse est telle qu'il faut allumer la maison en plein jour pour y voir clair. En fait la pluie torrentielle tombe la nuit entre 2h et 8h environ. Elle tombe si fort que j'avais du mal à dormir, un peu comme si j'étais couché près d'une cascade. Puis l'intensité diminue et vers 10 heures c'est fini. De temps à autre on peut tomber sur une averse ou de la bruine, mais ça ne dure pas, contrairement à ce que j'ai entendu. Comme je me levais vers 9h, j'ai eu l'impression inverse : il pleut peu.
Ce qui est pénible, ce n'est pas la température, mais l'humidité : l'air en est saturé. 100% d'humidité. Il faut 3 à 4 jours pour que le linge sèche après une lessive alors qu'il est à l'abri de la pluie. La moindre activité physique et c'est la transpiration, d'où la nécessité de prendre deux douches par jour. J'ai porté aussi un bandeau en mousse sur la tête pour éponger la sueur. Très pratique. J'étais mieux sur la terrasse : il y avait un peu d'air seulement j'ai l'impression que les habitants préfèrent rester cloitrés chez eux dans leurs murs.
Un peu plus j'allais dire que ce que j'ai vu du Cameroun, c'est le salon, la cuisine et la chambre de la maison louée. Il m'aura fallu attendre le 4è jour pour appeler mes parents et leur dire qu'on est bien arrivé. Durée de l'appel : environ 10 secondes, après ça a coupé. En fait ma belle-famille m'a couvé, sur-protégé en raison de l'insécurité. Je ne pouvais pas sortir tout seul, il me fallait une escorte. Je ne leur en veux pas, c'est tout à leur honneur. Et pour aller téléphoner dans un cybercafé, il faut de l'argent. Pour avoir de l'argent il faut aller faire du change. Pour faire le change il me fallait être accompagné. Il faut donc que l'escorte soit disponible. Le moindre projet le plus simple demande beaucoup de patience.
La marche à Douala reste une pratique très marginale. J'ai vu des gens monter en taxi pour faire 300 mètres...
Très peu d'enfants dans les rues. De temps en temps des enlèvements se produisent et des trafics d'organes font qu'ils peuvent être mutilés. Les enfants ne sont sortis que trois fois une demi-heure dans le quartier, et durant la journée passée à Kribi. Durant nos visites à divers membres de la famille nous avons rencontré un jeune homme qui semblait trisomique par le comportement. En fait il a été agressé et tellement tabassé qu'il en a perdu la raison. Les taxis peuvent parfois être de mèche avec des bandits. Ils vous conduisent dans un endroit sombre, isolé, appellent dans leur langue les bandits qui viennent vous dépouiller. Il est donc recommandé de ne pas sortir tard le soir.
Outre les risques d'attaques il faut aussi prendre en compte les risques liés à la circulation. Douala soutient semble-t-il l'opposition politique du régime en place, qui le lui fait payer en n'entretenant pas la voirie. Du coup les nids de poule assez vastes parsèment certaines rues. En août c'est la saison des pluies et les trous sont remplis d'eau. Il n'est pas aisé de marcher car si en plein centre-ville on peut trouver des trottoirs, ils sont occupés par des étals dans lesquels on peut acheter du crédit pour les appels téléphoniques, des fruits, légumes et autres articles de base. Du coup on est pratiquement obligé de marcher sur la rue or la circulation automobile est saturée.
La rue est séparée du trottoir par un caniveau. Rien à voir avec le petit machin qu'on a en France. Il s'agit en fait d'une fosse en béton profonde d'environ un mètre et large d'une trentaine de cm. Il permet l'écoulement rapide des pluies torrentielles. Mieux vaut ne pas tomber dedans... La veille de départ, après une visite on appelle un taxi pour regagner la maison. Il fait nuit, la rue est mal éclairée. Le taxi est arrêté devant la propriété sur le bord de la rue, portière arrière ouverte. Une seule seconde d'inattention et je paie le prix fort. Au moment d'entrer dans le taxi je pousse un cri : me voilà dans la fosse. Sur le coup la douleur n'est pas aiguë mais arrivé à destination on peut voir que le pantalon est déchiré et une plaie ouverte décore ma jambe gauche. Vu le risque d'infection, on appelle un taxi pour aller à la clinique de Bonamoussadi par une rue empierrée. Toc toc ! Pas de réponse. On insiste et le vigile de garde finit pas se réveiller et nous ouvre, l'infirmière nous ayant entendus. Et là, point positif, rien à dire sur les mesures d'hygiène. Tout est bien stérilisé, toutes les précautions sont prises. L'infirmière confirme qu'on a eu raison de venir car il faut refermer la plaie après nettoyage par deux points de suture sans anesthésie. J'ai connu des moments moins douloureux. Autre point positif : pas d'arnaque : on ne m'a pas retenu pas pour me pomper un maximum de fric. Coût : 15000 F CFA soit à peine 23€ : prix d'une consultation classique chez un médecin en France.
La ville est fortement embouteillée aux heures de pointe : de nouveaux quartiers voient le jour mais sans que l'infrastructure suive alors forcément c'est la pagaille. Pour se rendre à Bonamoussadi depuis le rond-point de Deïdo à partir de 16h30, il faut parfois attendre dix à quinze minutes qu'un taxi accepte de nous y conduire : il perd beaucoup de temps dans les embouteillages et le prix est forfaitaire.
Pour les intersections pour lesquelles il n'y a pas de feux, ce qui est le cas dans 99% des cas. Quand il y en un, seul un sur deux fonctionne, c'est celui qui passe qui a la priorité.
Un bon coup de klaxon, on passe en force et le tour est joué. Si un chauffeur résiste, l'autre l'insulte comme il se doit.
Celui qui se laisse faire ne peut pas conduire.
Quand un carrefour est muni d'un stop (j'en n'ai vu que deux ou trois), ces panneaux sont ignorés.
Quand il est muni de feux tricolores qui fonctionnent, voici la règle : au vert, on passe.
A l'orange, on passe. Et au rouge, on passe, même si des voitures roulent sur l'autre axe. Un coup de klaxon au besoin suffira.
Conséquences : beaucoup de taxis on le pare-brise fissuré, parfois même avec un trou dedans, la carrosserie est bien bosselée, le rétroviseur extérieur pété et les phares cassés.
De plus leur pot d'échappement crache une bonne fumée noire, merci pour les poumons.
Quand vient la saison sèche (février-mars) et qu'il fait 40°C (avec toujours les 100% d'humidité),
je me demande comment les habitants font pour respirer sans suffoquer.
Si l'espérance de vie est inférieure à 60 ans ce n'est pas par hasard. Bref.
On compte 5 places dans un taxi. Chaque place est payée 300F sauf si le trajet est très court (100F) ou s'il est 22h passé (600F je crois). Tant que les 5 places ne sont pas occupées, le chauffeur peut s'arrêter et prendre d'autres clients. Quand les trois places de derrière sont prises, le quatrième occupant s'assied sur le siège avant. Quand le cinquième arrive, le quatrième se pousse sur la gauche, s'empale sur le levier de vitesse, pour faire de la place au dernier.
Faut aussi compter sur les motos taxis, très nombreuses, qui se faufilent partout. Elles sont interdites à Bonanjo. En plus du conducteur, chaque moto prend 2 passagers. Et c'est une pagaille indescriptible. Il en vient de tous les côtés, les voitures frôlent les motos ce qui occasionne beaucoup d'accidents, même si je n'en ai pas vu. Ces motos ont des phares qui ne fonctionnent pas toujours. Les chauffeurs de taxis ont manifestement l'habitude de les voir, même dans les rues mal éclairées... Je ne suis pas monté sur une moto.
Vers la fin du séjour nous avons passé une journée à visiter le sud de Kribi (région du sud) avec au programme les chutes de la Lobé,
un voyage en pirogue sur le fleuve et un vite au village Pygmée.
La Lobé est le seul fleuve au monde qui se jette dans la mer par une cascade. Elle est près de la ville de Kribi, à environ 170km au sud de Douala.
Voir chutes de la Lobé et La Lobé sur Wikipédia.
La Guinée équatoriale est située à environ 75km plus au sud. On est tout près de l'Equateur (latitude : 2°) et pourtant il ne fait pas chaud.
Moi qui suis assez fragile de la tête je n'ai même pas porté de chapeau. La couverture nuageuse est telle que cette précaution est inutile en cette saison.
Un bus y mène mais comme on était sept adultes et deux enfants on a loué une voiture. Pour cela on s'est rendu à Bonanjo ("quartier" d'affaires de Douala) là où sont concentrées les banques. L'hôtel Le Méridien permet de retirer de l'argent depuis un distributeur qui délivre des billets de 5000F CFA. 655,957F CFA = 1€ : 1 franc CFA a même valeur qu'un ancien franc français. Pour info la monnaie utilisée est le franc CFA d'Afrique centrale et non celui d'Afrique de l'Ouest utilisé par exemple au Bénin. Ils ont même valeur mais il faut faire le change. Quand on est sorti de l'hôtel un homme nous a suivis. On s'est alors dirigé vers la gendarmerie et les banques là où il y a plein de militaires armés et il n'a pas insisté... Il convient d'être très vigilent quand on retire de l'argent.
A Bonanjo, donc, on entre dans une agence de voyages située près d'un caviste. On nous annonce le tarif : 150kF la journée, plus l'essence (qui est moins chère là-bas : 569F CFA à Douala, 582F de mémoire à Kribi, prix règlementés). On sort sans conclure parce que ça n'entre pas dans notre budget. Le lendemain à une rue de notre maison on remarque une pancarte : une agence de voyage est juste à côté ! Et là le tarif est de 75kF la journée, toujours chauffeur compris. On fait affaire et le type de l'autre agence était là...
On demande au chauffeur de partir à 6h30. Nous sommes prêts. Il un léger retard mais ça va. On part à 7 adultes et 2 enfants outre le chauffeur. Heureusement qu'on a peu de bagages ! A la sortie de Douala on prend la N3 jusqu'à Edea, ville où est implantée Péchiney et munie d'un barrage hydroélectrique. A la sortie de la ville, tourner à droite : on qui la nationale N3, route qui mène à Yaoundé, pour prendre la N7, nationale qui mène à Kribi. Aucun panneau indicateur. De Douala à Kribi, deux péages de 500F chacun, des panneaux standard les signalent. On ne nous a pas demandé davantage, mais comme on donne le billet avec en retour pour reçu un simple bout de papier, je ne suis pas persuadé que tout cet argent va bien à l'état.
Peu avant Kribi, barrage. Un militaire armé nous arrête, demande nos papiers et regarde le contenu du coffre. Il nous dit être chargé de la sécurité dans la zone. Ca doit être vrai. Kribi étant touristique il vaut mieux la protéger un minimum des trafiquants.
Ces deux routes sont à chaussée unique, une voie dans chaque sens, ce qui n'a pas empêché le chauffeur de rouler à 140km/h durant le trajet... Sur le bas-côté, des panneaux indiquaient "ici, 2 morts", "ici, 3 morts"... mais comme tous les autres panneaux ils sont ignorés des chauffeurs. Heureusement les virages ne sont pas très prononcés, mais il peut néanmoins surgir des personnes à tout instant des alentours car on traverse une palmeraie et les piétons qui longent la route en pleine campagne sont assez nombreux. A cette vitesse le moindre imprévu ne pardonne pas. Bien-sûr aucune glissière de sécurité ne protège les piétons. Au retour, davantage de monde, on roulait à 110 - 120. A noter que j'ai vu un panneau de limite de vitesse à 110 sur cette route, ce qui est impossible en France.
On va directement à la plage menant aux chutes de la Lobé. Un guide local nous accueille et impose sa présence. Il nous propose de visiter les chutes en pirogue, puis de nous emmener sur le fleuve avec une autre pirogue pour aller visiter un village pygmée. Marchandages sur les prix, je ne m'en mêle pas. Un neveu m'indique que ces pirogues ne lui font pas confiance, qu'elles ne semblent pas entretenues. Ma belle-mère me fait signe de ne pas y aller. Mais le guide dispose de trois gilets de sauvetage et comme il dit c'est son boulot il a l'habitude. Et puis les chutes sont mondialement connues et ça m'étonnerait beaucoup que des guides peu scrupuleux conduire les touristes dans les conditions aléatoires. Alors j'y vais et trois neveux et cousins font de même. Nous sommes accompagnés du chauffeur et de deux guides. Les autres membres de la famille restent sur la plage. Il ne faut pas marcher pied nu sur la plage en raison de vers à crochet qui peuvent entrer dans notre corps et faire des dégâts, comme l'indique la vidéo du centre de vaccination Pasteur à Paris. Mettre des chaussures de plage, même dans l'eau.
On part donc en voiture pour faire 700 mètres, puis on monte dans la pirogue. Un guide pagaie. Quel silence ! Ca rappelle l'album Tintin et l'Oreille Cassée. Pirogue sur le pleuve bordé par la forêt équatoriale. Féérique, très joli. Et quelle douceur ! Même pas besoin de chapeau. D'après le guide, s'il y a des crocodiles, ils ne mangent que les femmes ! Pas de poissons carnivores. L'eau est douce. A un lieu donné mais je ne sais plus lequel la tradition est de jeter une pièce dans l'eau et le guide faire une petite prière. On passe devant l'île de Yannick Noah, selon le guide. Il grimpe aux arbres et plonge. Bon... Au bout d'environ vingt bonnes minutes on accoste.
Une petite marche dans la forêt (2 minutes) sur un chemin bien tracé avec sur sa droite un panneau de l'état Camerounais indiquant qu'il s'agit d'un lieu touristique. Ca rassure mais en même temps ça retire de l'authenticité. On arrive au village, constitué de quatre ou cinq petites maisons bâties avec des matériaux 100% naturels : des feuilles de bananier. Elles sont très bien construites : l'eau n'y pénètre pas, même par fortes pluies. Ces maisons font environ 3m², donc minuscules, on y tient à peine debout. A la porte d'une maison un petit feu permet de cuire des aliments. Le chef nous reçoit, avec autour d'une épaule une sorte d'écharpe tressée peut-être de liane, marquant sa position de chef. Il tient dans sa main une lance terminée par une flèche. et porte un maillot sur lequel est imprimé une publicité ! Ca fait un peu artificiel, genre pygmée pour touristes payé par le gouvernement. Même le téléphone portable passe ! Très difficile de donner un âge au chef. Ces Pygmées ne sont pas si petits que ça. La tradition est de leur offrir quelques cadeaux (savon, etc.) mais le guide ne nous avait rien dit. Par chance on avait 2000F sur nous alors on leur a donné. Même si ça fait moins authentique. Séance de photos. On entre dans la "maison" de la femme du chef et on se fait photographier avec elle. On a été sage !
Retour aux chutes. Le guide gare la pirogue à la perfection sans toucher les deux autres qui la collent presque de chaque côté. Un pro !
Changement de pirogue pour les chutes. Cette dernière est plus petite. Le guide ajoute des planches pour s'y asseoir.
C'est en septembre et octobre qu'il y a le plus d'eau et c'est le meilleur moment pour voir les chutes
mais il faut alors prendre une pirogue à moteur, ce qui retire du charme.
La chute principale fait 15 mètres de haut. Rien d'extraordinaire mais c'est sympa quand on s'en approche en pirogue.
Elle prend l'eau, mais pas de panique le guide monte à l'arrière et écope. Pas de danger !
Pas de pluie durant la journée mais elle se met à tomber légèrement durant le retour en voiture. Comme le conducteur a bu 66cl de bière on a préféré rentrer de jour... Un tout petit arrêt au port de Kribi mais à cette heure on ne trouve plus de poisson.
Il existe aussi un parc animalier dans le coin mais on en retrouve aussi en France, sans avoir besoin de marchander quoi que ce soit. Nous n'y allons pas.
On se rendu dans le centre d'Akwa Nord. C'est là qu'il y a le plus de commerçants. Ce quartier est de type européen : des magasins avec des vitrines. Les hypermarchés n'existent pas mais on trouve des supérettes, par exemple Mahima, et même un Ecomarché... qui vend aussi des produits de marque Cora et Auchan ! Leur taille est inférieure à celle d'un Intermarché classique chez nous. La nourriture est très chère là-bas, on a dû dépenser plus que prévu. Pourtant on avait rempli les valises, mais on était entre 5 et 7 adultes, plus les enfants : la nourriture part vite. Un litre de lait liquide : 1100F CFA soit presque 1,70€ contre 0,56€ chez nous. Le supermarché d'Akwa centre a fait une promo : le litre à 700F. On s'est rué dessus. On peut aussi utiliser du lait en poudre mais les enfants n'ont pas l'habitude et avait trop de mal à l'ingurgiter.
Dès le premier jour j'ai exprimé le souhait d'acheter un livre pour apprendre les bases du Douala. Cette langue est parlée surtout en famille et entre amis car dans la rue on lit et parle exclusivement Français. Dans la cathédrale, 4 messes le dimanche, une par langue : anglais, français, douala, latin. Cependant les actions les plus simples chez nous peuvent se révéler compliquées si on veut les faire en sécurité. J'ai obtenu gain de cause... le 19è jour ! Le surlendemain on rentrait en France et j'avais prévu de lire un tel livre pendant le séjour, tant que j'étais dans l'ambiance. Ben non. Trop compliqué. Cependant j'ai pu acheter une bible en Douala chez un marchand ambulant place de la cathédrale pour 5000F.
On entre dans LA librairie d'Akwa centre. On se croirait en France. Que des livres et revues en Français. On peut même
trouver des bouquins sur nos guignols politiques français. Mais pas un seul livre en Douala, ni pour apprendre, ni pour lire.
Que dalle ! On demande où on peut en trouver, et commence un formidable jeu de piste. Un responsable nous indique qu'il faut aller à Bonabéri, et nous rendre à la fondation AfricAvenir. Les coordonnées sont affichées en vitrine.
On y va et pour des raisons x ou y on est obligés d'y aller un vendredi. Aïe ! Va falloir traverser le pont du Wouri pour y aller. Ce pont est le seul qui relie les deux parties de Douala situées de part et d'autre du fleuve Wouri. Deux voies dans chaque sens, une ligne continue au milieu, et des rails empiètent sur une voie : une ligne de train passe par là.
On prend le taxi sachant qu'il faudrait être patient. Les files de circulation ne sont plus au nombre théorique de 4, mais de 6 : 5 files dans notre sens et une file dans l'autre. Sans compter les motos bien-sûr. On a quand même eu de la chance : en une demi-heure on était de l'autre côté du pont. Il parait qu'il faut parfois le double. Et le traverser à pied semble être une mauvaise idée : l'endroit est réputé pour ses agressions.
Arrivé à la fondation on se renseigne mais voilà : elle ne vend pas de livres. On ne peut que les consulter sur place. Aucun intérêt : le centre Beaubourg à Paris propose ce genre de service et j'y ai déjà vu deux livres en douala. On nous suggère d'aller à Akwa centre dans la librairie... on en vient. Ah ! Bon, alors faudrait essayer d'aller au Palais Royal, près d'Akwa. Et voilà, on reprend un taxi et c'est reparti pour les embouteillages avant le pont. Quand on arrive au palais royal on se croirait en Chine. J'ai l'impression d'être sur une autre planète... que vais-je y trouver ? Des bouddhistes ? Des crocodiles ? qu'est-ce que c'est que ce lieu ? Je désire acheter un livre dans la langue locale et on m'envoie dans une sorte de temple chinois... qui n'ont jamais colonisé le pays. En fait Douala fut composée de royautés, d'où la présence d'un palais. On entre. L'endroit est bizarre par son contenu mais je ne me souviens plus trop ce qu'il contient.
Un seul monsieur est visible et nous lui expliquons, moi et mon garde du corps, la requête. Réponse : ah, non, ici on ne vend pas de livres en Douala. Tentez votre chance chez M. Epee.
On prend un taxi pour se rendre à l'endroit indiqué par le gardien du palais et on arrive devant un pavillon individuel. Pas de magasin. Pas de pancarte. Rien. Une sonnette. On sonne. Pas de réponse. Un homme situé de l'autre côté de la rue nous fait signe d'entrer, ce que l'on fait.
La pièce est sombre et semble servir de musée, elle est garnie de statues. Autour d'une table ronde sont assis deux personnes, ils nous accueillent. Je me demande ce que je fais là. Serait-ce un gag, une caméra cachée ?
Le monsieur qui se lève est vêtu aux couleurs locales. On expose notre requête. Il me présente les photocopies boudiné d'un livre écrit en 1912 écrit en Allemand. Normal, à cette époque, le Cameroun est une colonie allemande. Ce livre est un traité grammatical de la langue. Il y a longtemps qu'il n'est plus édité, et seules les photocopies sont disponibles moyennant 5000F. J'ai appris l'allemand à l'école, ça m'aura servi au moins à une chose : à apprendre le douala...
Il me présente aussi un livre de conjugaison, tout récent, lui, au prix de 19€. De retour à la maison j'ai cherché sur Google : on peut le commander. Les photocopies seront disponibles le lundi.
Il donne des cours de douala et nous raconte quelques anecdotes.
Le douala est une langue à 5 tons : haut, intermédiaire, bas, montant et descendant.
mba dit avec le ton bas (par exemple avec la note de musique do à 261,63Hz (je caricature un peu !) le mot veut dire brouillard. Avec un ton haut il signifie rhume ou moi.
Avec le ton montant il désigne l'igname. Il nous donne comme exemple : ma mamamamamamamama... : une phrase avec que des "ma" mais je ne connais plus la tonalité. Traduction : les mains de ma maman peuvent porter la houille. Surprenant, non ? Ne pas se tromper de ton ça pourrait donner lieu à des quiproquos fâcheux.
Outre le douala et le français ce monsieur connait l'anglais, l'allemand moderne et l'allemand gothique.
Il est en train de travailler sur la création d'un livre avec cédérom et d'un lexique en Douala.
Mon neveu m'apprend que ce monsieur est une personnalité connue, homme de culture et écrivain Camerounais. Et c'est vrai : cf http://www.peuplesawa.com/fr/bnnews.php?nid=844 ou encore http://fr.wikipedia.org/wiki/Culture_du_Cameroun
Et il nous reçoit, comme ça ! On vit dans un autre monde...